28 décembre 2011

   « Je déclare les Jeux d'hiver de la XXIe olympiade de Vancouver, officiellement clos. »
   C'est ce que disait Jacques Rogge, au micro, il y a presque deux ans, lors de la cérémonie de clôture.
   Et il a aussitôt été hué par trente mille personnes!
   C'est là un intéressant symptôme de ce qui se passe, en ce moment, dans le monde industrialisé: notre désespoir festif corrompt davantage chaque jour.
   Tout sera dorénavant prétexte à faire la fête: campagnes électorales, salons de l'auto, avant-premières de films, ou de spectacles, visites (dalaï-lama, prince William, pape), sortie sur le marché d'un nouveau iPad (tous les quatre mois), rencontres sportives, échanges des joueurs étoiles, lancements des navettes spatiales, dévoilement de la nouvelle collection Christian Dior, diffusion des derniers épisodes d'une série populaire, départ à la retraite de n'importe quelle personnalité du petit écran, et j'en passe.
   Notre société s'infantilise au point où, dès qu'un « parent » oserait dire: « Cela suffit, maintenant; il est l'heure de rentrer », on criera en serrant les poings: « Non! non! non! non! non! non! non! nooooooon! »


19 décembre 2011

Le jour où Dame Nature a grièvement merdé

   Dame Nature, après avoir créé ses dinosaures, eut vite fait de s'en lasser (comme, d'ailleurs, n'importe qui ayant jamais cultivé une passion pour les dinosaures). Donc, elle voulût s'en débarrasser. Plusieurs méthodes d'annihilation s'offraient: une virulente grippe, d'envergure dinosaurienne; une bonne vieille glaciation; les jeux vidéo; le fast-food…
   Malheureusement pour elle, et pour nous, Dame Nature a choisi un météorite. C'est un truc expéditif, eh. Les dinosaures ont tous morflé d'un coup et ils se sont transformés en essence super sans plomb – d'où l'apocalypse qui nous pend ces jours-ci au bout du nez.
   Le résidu de l'extinction des dinosaures favorise petit à petit notre propre effondrement.
   Putain, sans ce damné pétrole, nous serions restés comme en 1900, à peu près, c'est-à-dire: tramways électriques partout, aucune voiture, paquebots oui, avions non, chevaux pour la besogne de la ferme, et pas de pollution.



   Il s'agit ici d'une photo appartenant à la collection du musée McCord. Euh, j'espère ne pas recevoir une lettre d'avocat, s'il y a des droits réservés. Viens-je de me pendre avec ma propre McCorde?


14 décembre 2011

   Un « esprit libre », peu ou prou, équivaut à une défaite. C'est qu'on ne parvient plus à être libre. Car la liberté implicite, véritable, va de pair avec un esprit tout aussi libre. Mais, hélas, pour nous, malingres petits intellectuels, l'inverse n'est pas automatique.

12 décembre 2011

   Will they make it into a movie? Vont-ils en faire un film? Trop souvent on a entendu poser cette question relativement agaçante.
   Pourquoi, un film?
   Le roman ne suffit-il donc pas?
   Pour quelle raison la littérature, de nos jours, ne suffit-elle plus? Car la musique se suffit encore, que je sache. La peinture se suffit. La sculpture se suffit. La danse se suffit.
   Et la littérature, non?
   Comment se fait-il qu'elle soit devenue le vulgaire marchepied de la cinématographie?