21 novembre 2011

   Kaspar Hauser et Helen Keller jeune, auraient fait un joli couple: tous deux sont passés, avec élégance, de l'enfermement à l'apothéose. (Il y a une belle symétrie, aussi, dans leurs initiales.)


20 novembre 2011

   Pat Robertson prétend que les Haïtiens de 1804 firent un pacte avec le diable afin de se débarrasser des Français, et que, maintenant, ils subissent les graves conséquences dudit « contrat ».
   Premier point. D'après une tradition, il est vrai, Dessalines et ses lieutenants ont sollicité le concours de certains « esprits », avant que de chasser les Français. Mais une armée invoque bien souvent ses esprits ancestraux, avant une grande bataille. Les putains d'Assyriens, le faisaient. Les putains de Romains, le faisaient. Les putains de Mayas, le faisaient.
   Second point. Ce serait prendre le diable pour un idiot. S'il y a un diable, il s'acharnerait surtout sur la république de Goldman Sachs, non sur Haïti.
   Troisième point. Pour dépoussiérer de très anciennes conneries, il serait préférable d'avoir réussi maths élém, comme on dit, car si le « pacte » était de deux cents ans, tel que le veut cette légende – eh bien, ça s'est terminé en 2004. Thank you, Satan!
   Quatrième point. Pat Robertson est sénile. Au moins depuis 2004.


13 novembre 2011

   Il y a des auteurs solitaires, célibataires endurcis – Horace, Voltaire, Flaubert, et cetera; puis, il y a les mariés, les pères de famille, et même, certains qui se sont mariés plus d'une fois – Hemingway, London, Fitzgerald…
   Et puis, il y a aussi une troisième catégorie: ceux qui ignorent s'ils veulent jouer pour Team Horace, ou pour Team Hemingway.

11 novembre 2011

   C'est un assez petit hameau où habitent Julie et Félix. Deux rues qui forment un grand « L », avec l'église villageoise à l'angle droit. Jouxtant ladite église, il y a une butte, et une minuscule caverne. Statuettes, fleurs, et autres ex-voto ornent cette simple grotte où, paraît-il, étaient jadis placés des paroissiens décédés, durant les mois d'hiver. Exiger que le fossoyeur creusât dans un sol gelé était, j'en conviens, irréaliste…
   Aujourd'hui bien entendu, la caverne ne reçoit plus de défunts; c'est une espèce d'humble chapelle en plein-air dédiée à Bernadette Soubirous.
   Lorsque je vais chez Julie et Félix, je me demande où coucher pour ne pas les déranger – mais aussi pour éviter d'être moi-même vingt fois réveillé par leurs deux chats.
   Eh bien: pourquoi pas dans la grotte? Il n'y a ni grille, ni porte verrouillée! C'est un fort beau socle. Des roches plates. Au Guide Michelin des tombes, du quatre étoiles. Moins bien que Chéops, certes… mais qui peut s'offrir Chéops de nos jours?
   J'imagine la scène. Tard le soir, la dévote du village décide d'aller adresser une dernière prière à Bernadette. Sans lampe torche, son petit châle jeté sur les épaules, elle traverse la rue principale pour aller vers l'entrée caverneuse. Or moi qui suis au même instant confortablement allongé à l'intérieur sous une couverture de laine, je laisse échapper un gros bâillement. L'écho se charge du reste:

   WHHUÀÀ-Â-ÁÁGGHWLLL…

   Saisie de frayeur, croyant qu'un ancien macchabée revient à la vie dans la tombe communautaire, cette pauvre femme s'enfuit en délirant.
   Très Franquin, comme gag…