« Je déclare les Jeux d'hiver de la XXIe olympiade de Vancouver, officiellement clos. »
C'est ce que disait Jacques Rogge, au micro, il y a presque deux ans, lors de la cérémonie de clôture.
Et il a aussitôt été hué par trente mille personnes!
C'est là un intéressant symptôme de ce qui se passe, en ce moment, dans le monde industrialisé: notre désespoir festif corrompt davantage chaque jour.
Tout sera dorénavant prétexte à faire la fête: campagnes électorales, salons de l'auto, avant-premières de films, ou de spectacles, visites (dalaï-lama, prince William, pape), sortie sur le marché d'un nouveau iPad (tous les quatre mois), rencontres sportives, échanges des joueurs étoiles, lancements des navettes spatiales, dévoilement de la nouvelle collection Christian Dior, diffusion des derniers épisodes d'une série populaire, départ à la retraite de n'importe quelle personnalité du petit écran, et j'en passe.
Notre société s'infantilise au point où, dès qu'un « parent » oserait dire: « Cela suffit, maintenant; il est l'heure de rentrer », on criera en serrant les poings: « Non! non! non! non! non! non! non! nooooooon! »
