27 septembre 2011

   Il suffisait de savoir que le capitaine Achab fut naguère mutilé par la baleine blanche pour saisir toute l'étendue de sa détermination vengeresse. Inutile que le cinéaste contemporain ne se dépêche à porter à l'écran cette légendaire première rencontre, entre Moby Dick et le fameux capitaine. Car un pareil film hélas n'enrichirait en rien le personnage. Même, ça le priverait d'une partie de sa mystique.
   N'importe quel héros ne peut faire autrement que d'avoir des antécédents, et un passé. Et une genèse, si j'ose dire. L'on sait bien que James Bond a servi dans les forces armées, parce que les gradés l'appellent encore Commander Bond. Mais on n'a pas besoin de connaître cette époque-là.
   De nos jours, on met en scène le « background ». Comment Batman a-t-il débuté… Comment Hannibal Lecter, ou Darth Vader, sont-ils devenus ce qu’ils sont devenus… Comment les X-Men se sont-ils formés… Comment Arthur et Merlin se sont-ils rencontrés…
   Et le public – qui s'habitue – en redemande.
   Une sorte de petite crise identitaire hollywoodienne: en sommes-nous vraiment déjà là?


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