20 novembre 2016

   Dans le hall de la bibliothèque, une jeune femme parle à ses amis du film The Show of Shows, de Benedikt Erlingsson. Elle dit: « Pas d'narration. Pas d'contexte. C'est long, une heure et demie! »
   Si cette fille n'est pas mordue d'histoire, tant pis. J'ai adoré ce film, pour ma part; j'aurais bien voulu qu'il puisse durer trois heures! Si mademoiselle s'était le moindrement renseignée, elle aurait su qu'il s'agit d'un film sans narration. Elle dit aussi: « C'est comme Baraka mais en vieux noir et blanc… »
   Un peu désolant, oui. Mais que voulez-vous qu'on y fasse?
   Millennials. La génération du contexte et de la narration. Incapables de fermer l'appli du contexte afin de se laisser voguer tout simplement dans un mood. Je présume qu'ils n'écoutent jamais Schubert, ni Gershwin: il n'y a pas de paroles…