27 juillet 2011

   Entamer le chantier d'un nouveau roman. Oui, pour celles et ceux qui ont la malchance d'écrire, cela constitue, tout de même, un baume rafraîchissant. On se laisse porter par l'inspiration. On note ce qu'il faut noter. Au gré du moment. Sans angoisse. Sans planification rédactionnelle. Sans incertitudes... Et quelle évasion! Surtout après s'être extirpé, à grand-peine, du manuscrit précédent, d'une difficile fin de roman, fastidieuse et alambiquée comme l'époque où nous vivons, si j'ose dire – quand le temps vient de tout refaire sans cesse, de compiler, répertorier, développer des outils de travail sur mesure et des fiches, tableaux, organigrammes, et autres listes de correction.
   Oui: une fin de roman, c'est un peu comme nos satanées années 2000.
   Un début de roman, par comparaison, ça rappelle, énormément, les années 70. Désinvolture. Au jour le jour. Joie de vivre. Pas l'ombre d'une liste de quoi que ce soit.
   Impossible de remonter le temps. Impossible de retourner en 78.
   Par bonheur, on peut toujours commencer un nouveau roman. Ça compense.

26 juillet 2011

   Les Américains descendent des cow-boys, et ils ont leur célèbre ATF, c'est-à-dire, cet insolite Bureau of Alcohol, Tobacco, and Firearms. Mais qu'est-ce que l'alcool, le tabac, puis les armes à feu ont en commun, excepté le fait d'avoir souvent été au « Saloon », dans le bon vieux temps du Far-West? Et cela s'appelle vraiment passer du coq à l'âne.
   Puisque c'est comme ça... pourquoi pas un quelconque Office National du Poker, de la Prostitution, et des Pianos mécaniques?

25 juillet 2011

   La littérature est un fantasme, et le cinéma est une porno. Dans un fantasme, tout de même, on devra faire environ cinquante pour cent du boulot – c'est-à-dire, imaginer. Dans la porno, il n'y a strictement rien à imaginer: tout est là, en gros plan, avec l'éclairage approprié.
   Le métier du romancier est sûrement très ingrat, puisque nous vivons dans ce sordide climat culturel où Universal Pictures et Paramount rachètent systématiquement les droits de tous les fantasmes… pour en faire des pornos.

19 juillet 2011

   Au risque de passer pour fétichiste du pied, j'ose dire que je suis un amateur de foot féminin. Mais il y a plusieurs joueuses portant des noms vraiment impossibles.
   Lorsque quelqu'un mentionne Abby Wambach, j'ai l'impression d'entendre le mot... Adirondack. (C’est un endroit où beaucoup de gens aiment à passer leurs vacances.)
   Lorsque j'entends le nom de Rapinoe, j'ai l'impression d'entendre Jalapeño. (C'est un piment.)
   Lorsque quelqu'un mentionne Heather Mitaines, je ne peux plus m'empêcher de m'imaginer une paire de gants chauffants, richement doublés en laine de mouton.
   Quant à Hope Solo, son nom me fera toujours repenser à une bannière, la plus cocasse jamais brandie par un fan, dans les gradins, tous sports confondus. C'était un gars qui avait peint sur une grande bande de tissu: « Marry Me, Hope, I'm Solo. »

18 juillet 2011

   À la montagne, pour tenter d'y photographier le mausolée de Simon McTavish. Sur un banc, tout près de l'emplacement, une jeune femme regarde en l'air. Immobile. Son cahier à dessin posé sur les genoux. Pensive. Absorbée, certainement, dans un monde intérieur dont on n'a pas idée.
   Une artiste. Je note. C'est indispensable. Et c'est ma façon bien à moi d'être artiste.
   Voir le tout. Voir ceux qui voient.

14 juillet 2011

   Il y a encore des gens qui refusent de croire à la Seconde Guerre mondiale en couleur.

13 juillet 2011

   Un homme, sûrement Grec, avait peint un grand drapeau grec, sur la porte du garage de sa maison, en banlieue – et une loi quelconque l'a rapidement forcé à le retirer.
   Vous voulez que les gens de mon âge en achètent, des maisons? Votez-nous les lois appropriées, d'abord. Moi, ma maison, j'y peindrai un énorme Ultraman, sur la porte du garage, un gigantesque Snoopy, sur la corniche, et, entre les deux plus grandes fenêtres: Gene Simmons.
   Et si la bicoque d'en face arbore Roger Federer, Barbie, Ken, Harry Potter, ou Hulk Hogan... ça ne me dérange aucunement.

   En 1875, Crazy Horse possédait une cabane, faisant face à celle de Lame Deer, premier chef de la tribu des Minneconjous. Crazy Horse avait décoré la façade de sa cabane avec une tête de bison coupée et ornée d'un motif écarlate. Lame Deer lui avoua combien cela le dégoûtait, et le pria d'enlever son sinistre trophée. Crazy Horse répondit: « Lame Deer n'a qu'à sortir de chez lui à reculons. Il verra toujours sa propre cabane. »


12 juillet 2011

   Au dépanneur du coin. J'achète un grand café. Je paie, puis je sors ma « carte café » Couche-Tard. La troisième rangée. Quatrième tasse. Le prochain, sera gratuit – et, ensuite, c'est la fin de cette carte: elle est remplie complètement.
   « Ça couvre quinze cafés, dis-je à voix haute. Une belle époque. Après, je fais encadrer. »
   La fille du comptoir, très stoïque, en estampillant la carte, m'annonce: « Les dépanneurs Couche-Tard ont mis sur pied un groupe d'entraide et de soutien pour ceux et celles qui vivent mal cette rupture. »
   Tordant... Vous n'avez jamais ça, à votre putain de succursale bancaire (où l'on en aurait pourtant le plus besoin).

11 juillet 2011

D'où viennent les Schtroumpfs


   Dans la nuit du 6 au 7 juillet, j'ai fait cet étrange rêve de Schtroumpfs. Je ne comprends d'ailleurs pas pourquoi j'ai rêvé à cela – je n'ai plus relu un seul de ces albums, depuis très, très longtemps. C'est peut-être dû à la canicule. On dort plutôt mal, en ce moment.
   Quoi qu'il en soit, le voici, ce rêve. Le Grand Schtroumpf s'enfuit d'une espèce de cité en flammes. Il est beaucoup plus jeune, et n'a pas encore de barbe, mais, par une « logique des songes », ou quelque chose comme ça, implicitement, je sais que c'est lui. Cette grande cité qui brûle, est peuplée exclusivement de Schtroumpfs jeunes et vieux, et qui portent tous bonnet rouge et vêtement rouge.
   Le Grand Schtroumpf sans barbe, donc, est un Schtroumpf semblable à tous les autres, à cette époque-là. Il se jette du haut d'une tour jusque dans le fleuve, avec un tonneau, qui l'aide à flotter... C'est ainsi qu'il échappe à une mort certaine. Une fois en sûreté, au loin, il ouvrira le dessus du tonneau, et il y a là toute une couvée de petits Schtroumpfs en bonnets blancs. Des nouveaux-nés. Une centaine.
   C'est assez mince, comme truc. Je le concède. Et il manque beaucoup d'informations. Qui a mis le feu? Quand la scène a-t-elle lieu dans le passé? Si jamais je rêve la suite, on avisera.

   En attendant, j'espère que le fantôme de Peyo ne m'en voudra pas trop, d'avoir schtroumpfé ça…