Dans un restaurant assez bizarre, mi-chinois, mi-hawaïen, avec l'une de mes petites cousines, âgée de quatorze ans. Tout en vidant nos assiettes, on observe la décoration: fétiches, bambous, tortues, poissons empaillés, symboles mandarins, masques polynésiens. Même, on s'amuse à imaginer des noms pour ces drôles de divinités.
Au moment de quitter le restaurant, nous devons repasser devant trois grands totems en bois, sept ou huit pieds de haut. Déjà, j'oubliais les quatre ou cinq noms, joliment farfelus, imaginés une demi-heure auparavant… Quelqu'un néanmoins s'en souvenait. Elle se place tout contre le totem central. Incline un peu la tête. Appuie son front sur le bois, presque noir. Pose ses deux bras, levés, sur les côtés de la statue. Et puis, d'emblée, la voilà qui prononce:
Grande Kâraghâ
Donne-moi la patience
Fais que je sois énergique
Et accorde-moi la force de pardonner
Rien de plus à dire, excepté: n'est-ce pas franchement émouvant, et n'est-ce pas franchement génial?
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