06 juillet 2012


   Le « seeder » moyen (comme son nom l'indique) ne fait qu'ensemencer Internet avec ce qui l'excite – Le Seigneur des Anneaux, True Blood, Game of Thrones et une douzaine d'autres titres. Treize à la douzaine, on dirait. N'essayez surtout pas d'y dénicher Maître Puntila et son valet Matti. Ça n'excite personne.
   À moins de posséder tous ces vieux films des années 30 et 40, pas moyen de les visionner. C'est un pan de notre culture qui se dissipe. Tant pis. J'en ai pris mon parti.
   Les vieux romans des années 20, 30 et 40, eux aussi, sont pratiquement introuvables, mais j'ai la chance d'avoir eu un grand-père qui se les procurait déjà à l'époque. Mon père en a hérité; j'ai accès à tout ça!
   Personne ou presque aujourd'hui ne connaît Albertine Sarrazin, René Fallet, ou René Daumal. Et quel privilège que de pouvoir lire des romans de Pierre Mac Orlan, La Cavalière Elsa ou encore Le nègre Léonard et maître Jean Mullin, publié en 1920 – l'histoire fantastique d'une sorcière villageoise et d'un vieux garçon adepte de chasse au faisan, farcie de phrases tant inclassables que sublimes: Cette disposition m'amena à considérer le sabbat, le Diable et son club, avec une certaine sympathie, en professionnel de l'aventure pour l'aventure, sans préoccupation du but à atteindre.
   Je ne renierai jamais la société actuelle, mais n'est-ce pas un bonheur que de pouvoir fermer la fenêtre de temps en temps, pour se replonger dans les années 20 avec la Cavalière Elsa, maître Jean Mullin, René Daumal, Fitzgerald et Hemingway vadrouillant entre la « Riviera » qui n'est pas une rivière et l'Île-de-France qui n'est pas une île?
   Fermer la fenêtre, oui. Un autre Total Recall joue au cinéma? Si celui de Schwarzenegger était un navet interplanétaire… pourquoi diable en faire une nouvelle version?
   Clac! (bruit produit par la fenêtre fermée).


Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire